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Véronique Sanson - "Hollywood" > peintures

En 1972, comme la plupart des gens de mon âge, je pris en pleine figure une drôle de chanson en forme de manifeste insolent : Besoin De Personne.
L’espace d’un single, la France était passée sans s’en rendre compte de l’ère "Yéyé" à l’ère Pop-Rock.  

L’album qui suivit confirma l’essai : l’auteure était blonde, paraissait fragile (je dis bien : paraissait), avec une voix dotée d'un drôle de vibrato impossible à oublier, mais surtout, surtout, elle composait. Elle ne se contentait pas de chanter : elle écrivait ses paroles et sa musique. À l’époque, personne ne le faisait en France - à part Françoise Hardy (avec le talent et la grande personnalité que l’on sait, mais dans un registre plus intimiste qui répondait davantage aux codes d’un "Folk Song" à la française qu’à ceux de la Pop ou du Rock d’outre-Manche ou des États-Unis), et Barbara, elle-même emblème d’une chanson française dite de tradition "à texte", et peu apparentée au Rock n’ Roll. Aux Etats-Unis, depuis le milieu des Années 1960-début 1970, l’apparition des Joan Baez, des Judy Collins, des Laura Nyro, puis le carton enregistré par Carole King avec Tapestry, et pour finir les brillants premiers albums de Joni Mitchell et de Carly Simon, au tournant des années Soixante/Soixante-dix, avaient clairement signifié que les choses changeaient.
Mais en France, début 70, on en était encore à Sylvie, France Gall, et Sheila qui chantaient ce que d’autres écrivaient pour elles. Et entre Greco, Barbara, et Françoise Hardy et les idoles "Yéyé", il n’y avait rien. Jusqu’au jour où, tout d’un coup, il y eut Véronique Sanson.
C’est cette particularité qui m’a fait m’intéresser, dès le début, à Véronique Sanson. Ce que j’entendais alors m’avait tout de suite interpellé, et m’avait semblait unique en raison de la qualité et de l’originalité  des compositions, de la voix, du phrasé, des textes. Ainsi, la nouvelle venue fut la seule à pouvoir s’imposer sur ma platine aux côtés de mes premiers coups de foudre, soit Elton John, Cat Stevens et David Bowie -et un peu plus tard, de Carole King, Carly Simon et Joni Mitchell.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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