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Kimberly donne l’occasion à Patti Smith d’évoquer sa plus jeune sœur.
Comme le rapportait "The Guardian" dans son édition du 22 mai 2005 : Kimberly, une chanson tendre qui porte le nom de la sœur de la chanteuse (la quatrième dans la fratrie), un morceau qui donne un aperçu de l’enfance de Smith : “La construction de logements neufs était une chose nouvelle, pendant l’après-guerre, ils les construisaient pour des gens pauvres dans des zones où personne ne voulait aller. Nous, c’était carrément un marécage. Nous vivions à côté d’une vieille grange abandonnée de l’autre côté de la rue, qui avait été frappée par la foudre peu de temps après que Kimberly soit née. J’étais sortie et je la tenais, les yeux rivés sur cette grange en flammes. Des centaines de chauves-souris vivaient là, et on pouvait entendre leurs cris, et voir ces chauves-souris et ces hiboux et autres buses qui fuyaient à tire d’ailes”.

Kimberly est probablement le “phare rythmique” de l’album Horses. C’est pourquoi j’ai envisagé dès le début un ensemble de petites pièces pour cette composition, comme des ponctuations de notes de musique égrenées sur une portée, donc des petits formats plus ou moins abstraits, très séquencés ; comme un puzzle qui évoquerait la rythmique martelée et fragmentée sous-tendant le morceau. De petites pièces de format identique de façon à souligner l’autre aspect de Kimberly, morceau faussement monotone qui varie peu sur sa ligne mélo-

dique de base, puisque presque “parlé”, scandé -et pourtant magnifique et hypnotique, justement en raison de ce phrasé si particulier de Patti Smith.

Enfin, l’idée de voyager dans la composition de Smith à travers des yeux d’enfant, comme si les choses finalement étaient vues et ressenties par la petite Kimberly, m’a conduit à utiliser un médium propre aux enfants : leurs dessins, parfois malhabiles mais toujours empreints de fraîcheur et de spontanéité. J’ai tenté de restituer cette spontanéité, sans artifices et en privilégiant le premier jet, sans essayer de construire les choses avec minutie, en m'interdisant la possibilité de gommer et de recommencer.

Ce type d’expression est quelque chose que j’avais expérimenté en 2010 avec ma série "Construçao!" consacrée à la construction de Brasilia ; elle a trouvé un prolongement naturel avec Kimberly, aboutissant à un résultat graphique différent bien sûr, mais dans une volonté de recherche “brute” identique.

 

 

Et je peux plonger mon regard profondément
Dans les étoiles de tes yeux, mon bébé,
regarder dans tes yeux profondément, bébé
.


Kimberly
Patti Smith – Horses (1975)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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