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En 2001, la mort et la destruction s'abattirent sur le World Trade Center de Manhattan, laissant derrière elles plusieurs milliers de cadavres et de disparus, une plaie gigantesque au cœur de la cité, des milliers d'êtres à jamais brisés par la perte de leurs proches dans des conditions atroces, et un traumatisme de dimension planétaire.

En juillet 2002, parmi les différents projets présentés par la LMDC (Lower Manhattan Development Council) pour la reconstruction du World Trade Center, aucun n'envisagea la reconstruction des Tours Jumelles. Ils furent pour cette raison rejetés par une vaste majorité de New-Yorkais : les termes du programme officiel de réhabilitation du site sinistré annonçaient pourtant sans ambiguïté sa "reconstruction". On pouvait donc légitimement s'attendre à ce qu'au moins l'un des projets en lice aborde le sujet de la reconstruction des Tours nord et sud.

Face à cet échec, la LMDC initia donc une nouvelle consultation en décembre 2002, présentant 7 projets inédits.
À l'époque, j'eus la certitude que ce deuxième round n'aboutirait pas plus que le précédent si les deux termes d'une équation très simple n'étaient pas pris en compte :
1- Le devoir de commémoration. Celle due aux milliers de vies détruites, ainsi qu'à ceux devant porter le deuil des disparus.
2- Le devoir de restauration de la "Skyline" de Manhattan, mondialement célèbre.

Le problème de cette équation étant qu'elle reposait sur des paramètres aux intérêts divergents, voire opposés. Satisfaire les uns aboutirait inévitablement à léser les autres. À l'instant où, rationnellement, la reconstruction des Tours Jumelles s'imposait comme une évidence, l'on butait immédiatement sur le premier terme de l'équation : la commémoration. Elle impliquait le devoir de mémoire et l'hommage aux milliers de vies détruites, ainsi qu'à ceux devant porter le deuil des disparus. Et reconstruire les Tours à l'identique aurait semblé prétendre que rien ne s'était passé le 11 septembre 2001.

À ce point de la réflexion, il m'est donc apparu assez vite que si la logique exigeait une reconstruction des Tours Jumelles (rien, définitivement, ne pouvait prétendre les remplacer), il était indispensable que cette reconstruction témoigne physiquement d'une façon ou d'une autre des événements qui l'avaient rendue nécessaire.

Et cette idée qui avait germé très peu de temps après les attentats, et qui s'était assoupie dans un coin de ma mémoire, se réveilla brusquement. Son propos rétablissait intégralement et fidèlement le célèbre profil urbain anéanti par les attentats, et en même temps témoignait visiblement de la tragédie du 11 Septembre. Jusque là, je n'avais eu qu'un concept en tête. Maintenant, j'avais la possibilité de le visualiser. Mon medium d'expression étant la peinture, je commençais donc l'exécution de trois toiles.
La première peinture servirait à expliciter cette idée, ses tenants et aboutissements. Je la nommai "Manifesto".
Le rôle des deux autres serait de la visualiser, de jour comme de nuit.

J’avais décidé de tenter de remettre les toiles que je comptais produire à l'un des pompiers survivants de l'effondrement des tours : James Hanlon.
Pourquoi James Hanlon ?
Il se trouve qu’en 2001 France 3 avait diffusé New York : 11 Septembre, l'indispensable et poignant film documentaire de Jules et Gédéon Naudet, Rob Klug et James Hanlon, qui racontait l'immersion aux premières lignes des hommes de la caserne Engine 7-Ladder 1 (basée au 100 de Duane Street, au voisinage immédiat du site des tours). Après les événements du 11 Septembre, Hanlon avait continué à travailler en tant que pompier dans cette caserne (il était à l’époque également acteur professionnel, dans des séries télé et au théâtre, et poursuivit ensuite cette carrière à Los Angeles en quittant le métier du feu et en devenant réalisateur pour des séries TV).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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