TROIS TRACES D'OSCAR - PCF

 

 

 

Ce polyptyque met en scène l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, le cinéaste américain Stanley Kubrick et la musicienne- compositrice-interprète britannique Kate Bush.

IL se compose de quatre étapes, qui constituent une progression narrative dont le cadre de l’Espace Niemeyer à Paris, espace d’exposition du siège du Parti communiste français construit par l’architecte brésilien -et considéré comme une de ses œuvres majeures.

Cette progression repose sur certains des symboles-clefs du film de Stanley Kubrick, «2001. L’Odyssée de l’Espace» : Le Monolithe noir (alias «La Porte des Etoiles», lien entre la vie et la mort et portail de la résurrection), «l’Enfant des Etoiles» (avatar de l’astronaute David Bowman happé par les galaxies et l’espace-temps, puis revenu contempler le globe terrestre et l’humanité, son berceau d’origine, sous la forme d’un «Star Child»).

Le propos est de favoriser la rencontre entre Kubrick et Niemeyer, en l’orchestrant au détour des corridors du niveau-1 de l’Espace Niemeyer.

 

Au sous-sol de cet espace existe un mobilier d’origine, dont une table basse noire aux proportions identiques à celle du Monolithe de Kubrick, et reflétant –dans la réalité-, l’éclairage mural et les spots qui la surplombent. L'illusion d’optique créée évoque la courbe de l’horizon terrestre orbital et le soleil qui l’éclaire.

Notre «Porte des Etoiles» ainsi matérialisée, le voyage peut commencer, avec un Kubrick vieillissant observant un Niemeyer centenaire, dont l’attention est attirée par une silhouette féminine en apparat cramoisi, qui s'éloigne dans les couloirs.

A l’identique de celui de l’astronaute David Bowman, commence alors une sorte de «voyage à rebours», qui en trois étapes va faire d’Oscar Niemeyer un nouvel «Enfant des Etoiles».

Dans cette régression initiatique, l’architecte, intrigué et rajeuni (de fait revenu à l’époque où il conçut les palais de Brasilia), suit la femme mystérieuse, sous l’œil complice et amusé d’un Kubrick lui-même revenu à l’age où il tourna «2001: L’Odyssée de l’Espace», et dont on peut penser qu’il a déjà pressenti l’issue de ce voyage à rebours.

Niemeyer, redevenu un jeune garçon, finit par rattraper cette femme au détour d’un couloir, un cerf-volant à la main (symbole de l’enfance et de ce qui vole, et dont le rôle ici est d’évoquer la forme d’oiseau du Plan Pilote de Brasilia imaginé par l’urbaniste Lucio Costa, co-créateur de Brasilia avec l’architecte).

Cette apparition en robe écarlate, sorte de magicienne qui revêt ici les traits de la musicienne anglaise Kate Bush (auteure d’une superbe composition sur le mystère de la création artistique, «An Architect’s Dream» /Le Rêve d’un Architecte», paru dans son opus «Aerial» de 2006), joue ici un rôle d’ambassadrice de la métamorphose.

La Magicienne, symbole de l’Éternel féminin si cher au cœur de l’architecte, d’un geste balaie l’espace de sa traîne rouge –à l’identique d’un rideau de théâtre qui se lève et dévoile le dernier acte de la pièce-, révélant ainsi la lumière que l’architecte pourchassait réellement.

C’est à dire celle de l’idéal qui le guida toute son existence : la passion de la création et de l’excellence artistique.

 

Un Rêve de Peintre 01, 02, 03 et 04
Polyptyque
Vinyliques sur toile
230 cm x 127 cm
2006